Diocèse de Montréal

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Mgr Jacques Guillet, P.H.
1923 — 2009


 

Mgr Jacques Guillet, P.H.
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923 — 2009

Né le 14 avril 1923 — Décédé le 12 décembre 2009

Jacques Guillet est le fils d'Ernestine Balthazard et de Paul Guillet. Il naît à Montréal, le 14 avril 1923. Il étudie au Collège Saint-Ignace et au Séminaire de Philosophie. Il poursuit sa formation théologique au Grand Séminaire.

Le 30 mai 1948, il est ordonné prêtre à la paroisse Sainte-Philomène de Rosemont. Vicaire à la paroisse Saint-Louis-de-France durant onze ans, il devient par la suite aumônier à l'Institut Jésus-Marie.

En 1963, le Cardinal Paul-Émile Léger l'invite à être curé à son ancienne paroisse, tout en assumant la direction de l'Association des Auxiliaires du Clergé. Quelques années plus tard, en 1966, l'évêque lui présente un nouveau défi pastoral à la paroisse Notre-Dame-du-Rosaire. Le pasteur s'y engage pleinement jusqu'au moment où les premières alertes de santé l'obligent à prendre un peu de repos. Il profite alors d'un ressourcement spirituel à la Tourette et à Vanasque en France.

Élu président de région par ses confrères, le pasteur est en mesure d'assumer une nouvelle tâche dans de nouvelles structures diocésaines mises en place par Mgr Paul Grégoire qui le nomme Vicaire épiscopal de la Région Nord en 1976. Élevé prélat d'honneur par le Pape Jean-Paul II, en 1978, Mgr Guillet accepte de renouveler un mandat pastoral de trois ans à cinq reprises.

En octobre 1990, à l'âge de la retraite, Jacques Guillet accepte d'assumer la direction de la Résidence Ignace- Bourget jusqu'en 2003. Il y demeure jusqu'à son décès le 12 décembre 2009.

Ses funérailles ont été célébrées en l'église de la Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, le 17 décembre à 11h.

Extraits de l'homélie prononcée par Mgr Saint-Antoine :

L'évangile que nous venons de proclamer nous introduit au cœur d'une situation bien humaine, la mort d'un être cher. Depuis quatre jours, Lazare repose dans le tombeau familial de Béthanie, entouré des amis de Marthe et de Marie. Jésus arrive enfin et Marthe ne comprend pas ce retard: « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Mais Marthe garde encore l'espoir et la confiance en celui qui peut tout obtenir de Dieu: « Ton frère ressuscitera », lui réplique Jésus. Jésus est sensible à la prière de Marthe, il pleure la mort de son ami, mais en même temps il cherche à aller au delà de cette mort, il veut lui donner tout son sens, pour révéler la gloire de Dieu. C'est la mission pour laquelle il est venu sur terre: faire connaître le Père, révéler son amour. Aussi, Jésus découvre-t-il à Marthe ce qu'elle n'a pas encore perçu: « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; tout homme qui vit et qui croit en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela? »

Cette parole, elle est vie, elle éveille la foi et suscite la réponse de Marthe: « Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »C'est au cœur d'une situation bien humaine que Jésus exerce sa mission, qu'il révèle le Père. À travers son humanité, il agit dans le monde, il est présent au monde. Il en va de même pour le prêtre. Il n'a pas à sortir du monde, il n'a pas à être étranger à lui-même, il n'a pas à fuir tout ce qui est humain, pour rendre présent Jésus-Christ et révéler l'amour du Père.

Jacques Guillet est toujours demeuré lui-même, il ne s'est pas créé un personnage pour exercer sa mission de prêtre. Il a rendu Jésus-Christ présent à ses frères et sœurs en demeurant pleinement humain. Il a donné Dieu au monde à travers les situations de vie qu'il a partagées avec eux: dans les joies comme dans les peines. Toute sa vie, ses paroles et ses gestes, révèle l'homme et le prêtre. Parcourons ensemble le chemin que le Seigneur lui a tracé.

Jacques Guillet est mon aîné d'une dizaine d'années mais la rumeur de sa réputation de prêtre bon et généreux circulait déjà parmi les confrères. On parlait d'un pasteur dévoué et proche des fidèles, d'un prêtre ouvert à tous et à chacun. Plusieurs prêtres se confiaient à lui, assurés de sa discrétion, de son écoute et de sa compréhension.

C’est avec le curé de Saint-Louis-de-France que se vit pour la première fois une expérience de vie pastorale en quartier, où les gens se sentent plus solidaires, partageant les mêmes valeurs, vivant les mêmes problèmes, où l'on répond à des besoins réels. « C'est prendre la vie où elle se trouve », remarque un de ces prêtres de l'équipe. C'est apporter une pastorale adaptée au milieu et aux groupes naturels. On travaille à mettre sur pied un conseil paroissial dont le rôle est d'assurer l'animation de la paroisse, un conseil formé de laïcs représentatifs et des prêtres de l'équipe presbytérale: « Nous cherchons à réaliser une Église formée de laïcs et de prêtres », résume l'abbé Guillet, une expérience qui est le fruit du dernier concile, une mise à jour de l'Église voulue par Jean XXIII. Un projet qui permet de vivre l'Évangile au quotidien, rapporte un article de la Presse en 1966.

Une autre expérience significative s'est vécue avec le curé Guillet au même moment. Aux enfants de la paroisse qui passent les vacances dans la chaleur et la poussière des rues du centre-ville, le pasteur décide de faire quelque chose. L'Année suivante, le 24 juin 1965, s'ouvre le Camp Saint-Louis-de-France à Saint-Damien-de-Brandon, dans les montagnes, à la fraîcheur d'un lac, sur un vaste terrain de verdure, qui accueille 24 enfants et quelques moniteurs. Les paroissiens ouvrent leur bourse et offrent leurs bras, pour rendre adéquat et confortable ce camp de vacances. Quelques années plus tard, le nouveau curé de Notre-Dame-du-Rosaire invite ses jeunes à s'unir à ceux qui profitent déjà de ce séjour au grand air. La vitalité et l'harmonie de deux paroisses s'expriment dans une belle expérience communautaire.

En quittant sa paroisse, les fidèles n'ont pas manqué d'exprimer à leur pasteur leur reconnaissance et leur amitié pour tant de dévouement: « Si vos prédécesseurs nous ont procuré un temple magnifique qui fait notre fierté, vous avez pour votre part réussi à donner une âme à cet édifice de pierres. C'est vous qui avez fait de notre paroisse la communauté chrétienne active et fraternelle que nous connaissons présentement ». C'est bien par ses qualités et ses dons humains que Jacques Guillet a rendu le Christ présent et agissant pour les jeunes comme pour les adultes.

C'est comme curé de Saint-Benoît que j'ai appris à connaître le nouveau vicaire épiscopal. Dans cette nouvelle structure diocésaine, Jacques Guillet a défini lui-même sa fonction de représentant de l'évêque dans sa région pastorale. Avec discernement et dans le respect des personnes, il a assumé parfaitement cette responsabilité délicate. Qui ne se souvient d'avoir entendu, dans un appel téléphonique, le son percutant d'une volée de cloches et la voix chaude de Jacques? Qui n'a pas reçu la visite chaleureuse du vicaire épiscopal qui, comme un grand frère et un ami, s'informait de la santé et du travail du pasteur? Si une remarque s'imposait, elle était toujours adressée avec bonté et un brin d'humour. À travers les redressements nécessaires, Jacques savait toujours souligner les aspects positifs et trouver les mots d'encouragement.

Mgr Guillet était conscient de sa responsabilité, soucieux de traduire la pensée de son évêque, tout en demeurant lui-même. Ce qui lui tenait à cœur, le bien-être matériel et spirituel du prêtre, il le promouvait toujours avec un grand réalisme, sans jamais exiger l'impossible. C'est bien à travers ses gestes et ses paroles de bonté qu'il rendait le Christ présent dans sa région pastorale. En portant son choix sur ce candidat, Mgr Grégoire savait bien à qui il s'adressait: « Jacques Guillet sait les difficultés pastorales de notre temps. Il sait aussi que leur heureux dénouement exige un dialogue avec Dieu dans la prière. Son esprit de foi lui permet une compréhension des personnes et le rend capable d'écouter. N'est-ce pas ainsi que nous pouvons en arriver à vivre dans l'unité et la communion? » Après quinze ans de dévouement, ce choix s'est avéré heureux pour l'Église de Montréal. En 1990, ressentant les limites de son âge, le vicaire épiscopal croit qu'il est temps de laisser à un autre cette lourde responsabilité.

Au lieu de prendre une retraite paisible, Jacques Guillet accepte généreusement d'être au service de ses confrères à la Résidence Ignace-Bourget. Se faisant tout à chacun, particulièrement auprès des malades, Jacques s'est montré un vrai frère, se plaisant à les visiter et à leur adresser un bon mot, un encouragement, un petit rien qui faisait toujours plaisir et le rendait attachant. Jacques avait le don de tendre l'oreille aux doléances, sans jamais s'y appesantir. Par un conseil et un sourire, il redonnait la sérénité. Plusieurs fois par année, il réservait à ses confrères quelques surprises, il avait le don de créer un climat d'entente et de joie. Chacun s'est senti respecté et aimé.

C'est un peu le profil de cette vie simple et bien remplie, les grands traits de la personnalité de cet homme et de ce prêtre que fut Jacques Guillet. Ceux et celles qui ont croisé sa route n'ont pu que l'apprécier, l'admirer et l'aimer. Plusieurs d'entre nous avons partagé son amitié et en avons souvent été marqués et enrichis. Aussi, nous pleurons aujourd'hui son départ, quand même heureux de le savoir accueilli par le Christ qu'il a servi et aimé, en le donnant largement et bellement à ses frères et sœurs. Qu'il repose dans la paix avec son Seigneur. Ce n'est qu'un au revoir, Jacques! Amen!


12 décembre 2009

Communications