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Journal de Montréal

Un enfant

Le dimanche 16 novembre 2008

« Un enfant, ça vous décroche un rêve, ça le porte à ses lèvres et ça part en chantant …»

La chanteuse Clairette, décédée récemment, interprétait avec émotion cette chanson de Jacques Brel. Le texte en est magnifique et il ne vieillit pas. On y sent la fragilité de l’enfant, sa délicatesse, son besoin de protection, la confiance qu’il a en ses parents et les adultes qui l’entourent. Les dernières paroles nous parlent de l’enfant qui grandit, qui devient autonome.

La poésie du texte de Brel nous charme tout en nous soufflant que c’est ainsi que devrait être la vie des tout-petits. Malheureusement, c’est loin d’être toujours le cas. La situation de millions d’enfants un peu partout dans le monde est plutôt catastrophique.

Ainsi, selon les données de l’ACDI, 146 millions d’enfants sont mal nourris, et 73 % d’entre eux vivent dans seulement 10 pays. 100 millions d’enfants vivent dans la rue, devenant ainsi des proies faciles pour les vendeurs de drogue et les profiteurs de tout acabit. De plus, on estime que 50 millions d’enfants de moins de cinq ans ne sont pas inscrits au registre des naissances.

Chaque année, 1,2 million d’enfants sont victimes de la traite humaine. Depuis quelques années, plusieurs communautés religieuses du monde entier ont joint leurs efforts afin de lutter contre la traite des femmes et des enfants par des activités de sensibilisation des gouvernements et du grand public. Parmi elles, on compte notamment les Sœurs de Saint-Nom-de-Jésus-et-de-Marie, les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame et les Sœurs de Sainte-Anne.

Il y a aussi la triste réalité de la pornographie infantile qu'Internet a contribué à faire grandir. On ne peut plus ignorer l’ampleur planétaire du phénomène. Et à cela s’ajoutent le tourisme sexuel et les réseaux de pédophiles. C’est ignoble, mais cela existe et des enfants vulnérables en sont victimes.

Le malheur de l’enfance ne s’arrête pas là. 126 millions d’enfants travaillent dans les pires conditions, représentant 40 à 50% de toutes les victimes de travail forcé. Alors que nous nous préparons à faire nos achats de Noël, il serait important de s’interroger sur les conditions de fabrication de ces beaux objets décoratifs ou de ces jolis tapis aux couleurs vives et vendus à très bas prix. De par le monde, il y a des enfants exploités, victimes d’organisations inhumaines et soucieuses de leur profit.

Pensons aussi au malheur des enfants soldats, petits êtres conditionnés qui apprennent à donner la mort avant même d’apprendre à vivre. Enfants de guerre qui se retrouvent orphelins. Enfants estropiés pour la vie, car les mines « antipersonnel », enfouies par les vainqueurs et les vaincus, leur ont arraché un pied, une jambe, un bras.

Pensons aux enfants battus, violés, abandonnés. Pensons aux enfants orphelins à la suite de catastrophes naturelles sans oublier ceux dont les parents sont morts du SIDA ou qui sont parfois eux-mêmes infectés avant l’âge de quinze ans.

Même ici au Canada, nous sommes loin de la perfection. En 2007, on estimait que 800 000 enfants vivaient au sein de familles pauvres. Ce n’est pas acceptable.

Dans quelques jours, le 20 novembre, ce sera la Journée internationale des droits de l’enfant. Que cette journée trouve en nous un écho afin que nous soyons tous et toutes des défenseurs des droits des enfants et que nous le fassions savoir.

 

 

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16 novembre 2008