LORTIE JACQUES (1921 - 2012) - Accueil - Église catholique à Montréal

In memoriam

LORTIE JACQUES (1921 - 2012)

2012-08-23

Jacques Lortie est né le 8 août 1921 à Montréal. Après ses premières années à l'école élémentaire de sa paroisse, il entre au Collège de Montréal pour ses études classiques et au Grand Séminaire pour sa formation théologique. Le 31 mai 1947, il est ordonné prêtre à la cathédrale et est nommé professeur au Collège André-Grasset.

En 1972, les prêtres de Saint-Sulpice, en témoignage de ses bons services, lui offrent une année de perfectionnement spirituel à l'Institut catholique de Paris, moyennant un engagement au Collège de Montréal, comme animateur des vocations.

Le 1er septembre 1979, après trente-deux ans en éducation, Mgr Paul Grégoire lui offre la cure de la paroisse Saint-Jacques. Après quatre ans de labeur pastoral, il est nommé vicaire à la paroisse Notre-Dame-de-l'Assomption
jusqu'au moment de sa retraite encore active dans des engagements ponctuels.

En 2004, il se retire à la résidence Ignace-Bourget où il décède au milieu de ses confrères le 23 août 2012 à l'âge de 91 ans.

Les funérailles ont eu lieu le jeudi 30 août, à 11h, en l'église La Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie.

L'abbé Lortie était membre de la Société d'une Messe.


Voici l'homélie de S.E. Mgr Jude Saint-Antoine :

L'image du troupeau est familière à l'homme biblique.  Dieu est le berger qui conduit son peuple et il choisit ses serviteurs qui sortent et entrent à la tête des brebis, pour que la communauté ne soit pas un troupeau sans pasteur.  Au nom de Dieu, le prophète dénonce les pasteurs qui perdent et dispersent les brebis de son entourage.  Dans la parabole, Jésus se place un premier plan : « Moi, je suis le bon pasteur ».  Jésus affirme être le seul passage qui permet d'accéder aux brebis, il est passage obligé pour aller vers les brebis.  Hors de lui, il n'y a pas d'accès à la vie.  Ceux qui rejettent Jésus et excluent ceux qui croient en lui sont des voleurs et des brigands qui travaillent à la destruction et à la mort de la communauté, tandis que Jésus est pour elle source de vie.

Jésus affirme enfin que toutes les brebis doivent passer par lui.  Elles seront libres et auront la vie en plénitude.  Jésus se révèle ainsi comme source inépuisable de vie.  Jésus est vraiment la porte;  en dehors de lui, il n'y a pas d'issue.  C'est par Jésus que l'on accède au salut, à la vie.  Jésus est le vrai pasteur, parce qu'il risque sa vie pour protéger ses brebis et parce qu'il entretient avec elles une relation unique enracinée dans sa connaissance du Père.  En opposition au mercenaire qui abandonne ses brebis, Jésus donne sa vie pour ses brebis : « Je ne vous laisserai pas orphelins », à la merci du loup qui s'en empare : « personne n'arrachera mes brebis de ma main ».  Jésus va jusqu'au bout de sa vie pour « rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés ».  Le rassemblement des derniers temps se fera autour de Jésus et de sa parole.  Cette unité des élus s'opère dans la mort de Jésus et elle s'enracine dans l'unité du Père et du fils.  Il est peut-être difficile de transposer les paraboles de Jésus dans la vie présente.  Il y a toujours un écart entre Jésus, le vrai et seul pasteur, et le prêtre appelé à être pasteur de sa communauté.  On ne peut faire fi de la faiblesse et de la fragilité humaine qui nous est connaturelle.  Et pourtant, compte tenu de ses limites personnelles, on est tenté de découvrir dans la vie de Jacques Lortie des rapports et des ressemblances avec Jésus, le bon pasteur.  Jetons un regard sur cette longue et grande vie du pasteur.  

Jacques est né le 8 août 1921 à Montréal.  Il est le fils d'Ernest Lortie et de Maria Rolland.  Après ses premières années à l'école élémentaire de sa paroisse, il entre au Collège de Montréal pour ses études classiques et au Grand Séminaire pour sa formation théologique.  Le 31 mai 1947, il est ordonné prêtre à la cathédrale et est nommé professeur au Collège André-Grasset.  En 1972, les prêtres de Saint-Sulpice, en témoignage de ses bons services, lui offre une année de perfectionnement spirituel à l'Institut catholique de Paris, moyennant un engagement au Collège de Montréal, comme animateur des vocations.  Le 1er septembre 1979, après trente-deux ans en éducation, Mgr Paul Grégoire lui offre la cure de la paroisse Saint-Jacques. Après quatre ans de labeur pastoral, il est nommé vicaire à la paroisse Notre-Dame-de-l'Assomption  jusqu'au moment de sa retraite encore active dans des engagements ponctuels.  En 2004, il se retire à la résidence Ignace-Bourget où il décède au milieu de ses confrères le 23 août 2012.                                                  

La longue vie de l'abbé Jacques Lortie est marquée au coin de la bonté, de la générosité et du dévouement.  Dans les tâches d'éducateur auprès des jeunes et dans le ministère paroissial, le pasteur ne s'est jamais démenti.  Avec une certaine fragilité, il a toujours exercé sa tâche avec ferveur d'esprit et de cœur.  Le jeune prêtre s'est révélé unbon pédagogue, jouissant de la considération de ses supérieurs et de ses étudiants.  Dans ce ministère, tel qu'on le voyait à l'époque, il avait à cœur de former l'esprit encore malléable de ses adolescents avides de connaissances mais aussi il se montrait attentif à leurs besoins spirituels, toujours accueillant à leurs questions et à leurs inquiétudes.  Avec beaucoup de patience et d'écoute, il les rassurait dans la recherche de leur « moi » et de leur devenir.  Par ses gestes et ses paroles de bonté, il ouvrait aussi à ces jeunes l'horizon de la vie sacerdotale, promouvant ainsi de nombreuses vocations.  

Après toutes ces années, trente-deux ans consacrés à la jeunesse, le pasteur accepte de faire le saut à la pastorale paroissiale dans un milieu défavorisé. D'abord vicaire et curé à Saint-Jacques, il se donne avec la même ardeur à sa tâche pastorale : « un ministère...lourd, épuisant même... auprès d'une population en majorité souffrante... mais tellement attachante ». C'est le constat qu'il fait à son  évêque au moment de sa retraite, lui-même épuisé à la tâche. Dans la même lettre, il ajoute : « J'ai beaucoup aimé, je ne pourrais jamais oublier ces pauvres, ces petits, ces mal-pris... ces malheureux, les préférés des brebis du Seigneur, pour qui j'ai été heureux d'apporter aide, réconfort et soulagement au nom du Seigneur ».  Et il conclut : « ces années resteront tracées dans ma mémoire comme les plus belles de ma vie de prêtre : un ministère lourd, difficile, ingrat même à certains égards mais aussi enrichissant et attachant » (lettre à Mgr Paul Grégoire).  

Il ne faut pas se surprendre qu'au moment de son départ, il désire encore continuer à servir dans la mesure de ses forces.  Il est prêt à servir son Église jusqu'à la fin. C'et dans cet esprit d'entière disponibilité que s'achève le parcours de ce pasteur qui n'a qu'un désir : Conduire à la bergerie, aux sources de la vraie vie les brebis confiées en tant que prêtre-éducateur et pasteur de communauté.  Dans chacune de ces tâches, comme le bon pasteur, Jacques a déployé toutes les ressources de son esprit et de son cœur, pour les abreuver, les mourir, les soustraire aux dangers, guérir leurs blessures, les conduire à la bergerie dans le repos et la paix.  

Que la vie de ce pasteur, comme celle de Jésus, le seul pasteur, inspire encore les jeunes à s'engager à sa suite.   Amen!  

Source :  Claude Tossin, etc., les Évangiles : textes et commentaires, Bayard 2003.  

+ Jude Saint-Antoine  
Paroisse de la Visitation,
30 août 2012.

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