DESJARDINS PIERRE-PAUL (1921 - 2012) - Accueil - Église catholique à Montréal

In memoriam

DESJARDINS PIERRE-PAUL (1921 - 2012)

2012-07-30

M. l'abbé Pierre-Paul Desjardins est né le 29 janvier 1921 à Montréal. Il étudie au Séminaire de Ste-Thérèse et au Grand Séminaire de Montréal. Il est ordonné le 1er juin 1947 par Mgr Joseph Charbonneau, en l'église St-Germain d'Outremont.

De 1947 à 1959 il est vicaire à la paroisse Ste-Jeanne-D'Arc. De 1959 à 1963, il assure la tâche de confesseur ordinaire des Religieuses de la Congrégation de Notre-Dame.

De 1963 à 1965 il est visiteur ecclésiastique au secteur ouest de la Commission Scolaire de l'Ile Jésus. De 1965 à sa retraite en 1997, il est curé à la paroisse Précieux-Sang. Il se retire alors à la résidence Ignace Bourget.

Il est décédé le 30 juillet 2012, à l'âge de 91 ans.

Ses funérailles ont eu lieu le samedi 4 aout 2012 à 11h en l'église du Précieux-Sang.

L'abbé Desjardins était membre de la Société d'une messe.

Chronologie de Pierre-Paul Desjardins

Pierre-Paul est né le 29 janvier 1921 à Saint-Nicolas d'Ahuntsic.  Il est le fils d'Edmond Desjardins et d'Eugénie Oakes avec ses deux sœurs et ses quatre frères, il fréquente l'école primaire de sa paroisse.  Après ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérése, il poursuit sa formation théologique au Grand Séminaire de Montréal.  Le 1er juin 1947, il est ordonné prêtre par Mgr Joseph Charbonneau à la paroisse Saint-Germain d'Outremont.

Affecté comme vicaire à la paroisse Sainte-Jeanne-D'Arc pendant douze ans, il est nommé en 1959 aumônier d'écoles à la  CECM, tout en exerçant le ministère chez les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame reliées à l'hôpital Notre-Dame du Bons-Secours à Sainte-Dorothée.  De 63 à 65, il devient visiteur ecclésiastique des écoles du secteur ouest de l'Ile Jésus.  Deux ans plus tard en 1965, il fait le saut en pastorale paroissiale ici même, à Précieux-sang, jusqu'au moment de sa retraite en 1997.  Il réside successivement aux presbytères Saint-Germain d'Outremont et Sainte-Madeleine, en se retirant finalement à la Résidence Ignace-Bourget où il décède le 30 juillet dernier au milieu de ses confrères.


Homélie des funérailles : 2Co.4,14-5,1 ; lc17,5-10.

La parabole du maître et du serviteur trouve en celui qui nous quitte une heureuse application.  Les apôtres viennent d'exercer leur première mission à la suite de Jésus.  Conscients de ce qu'ils ont vécu et des difficultés rencontrées, ils prient leur maître :  

« Augmente en nous la foi. » Sans un surplus de foi, ils se sentent démunis dans une tâche qui les dépasse.  Jésus confirme leur appréhension et cherche à les rassurer :

« La foi, si vous en avez gros comme une graine de moutarde, tout devient possible. »  

Par la bouche des disciples, ici, ce matin, c'est une demande des responsables de la communauté chrétienne que nous entendons.  Hier comme aujourd'hui, ce sont des exigences démesurées que Jésus impose à ses disciples, hier touchant la vie fraternelle : comment pardonner sans cesse et surmonter les rivalités;  aujourd'hui devant la tâche immense de la Nouvelle Évangélisation confiée aux pasteurs et à la communauté chrétienne.  Comme dans l'exemple du chameau et du trou de l'aiguille, Jésus ajoute : « si vous aviez la foi, même d'une façon minime, ça suffit pour réaliser l'impensable.  Avec la foi, tout est possible. «  La foi est la réponse de l'homme à l'invitation de Dieu et non pas une façon magique de contraindre Dieu à faire des prodiges.   

L'abbé Pierre-Paul Desjardins a accompli son ministère avec une grande foi et un dévouement exceptionnel.  Conscient de son identité de prêtre et de ses gestes et paroles porteurs de grâce et de bénédiction, il conquit très vite le respect et l'admiration de ses paroissiens qui l'ont vu en action.  Il était vraiment pour eux l'homme de Dieu.  Tout ce qu'on pouvait lui reprocher c'est d'en faire trop.  Il y avait aussi, bien sûr, quelques sauts d'humeur qu'il regrettait par ailleurs sur le champ et qu'on lui pardonnait, en considérant la tâche immense accomplie tous les jours et tout au long de ces trente années  bien remplies vécues à Précieux-Sang.  

Sans jamais s'absenter, toujours attentif aux besoins pastoraux de l'après concile d'une paroisse qui  ne cessait de s'agrandir le pasteur cherchait à répondre à toutes les exigences pastorales et aux demandes multiples des parents qui présentaient leurs enfants aux sacrements de l'initiation chrétienne, baptêmes, pardon, eucharistie et à l'accueil des jeunes couples pour leur préparation au mariage.  On pourrait aussi parler du soin apporté aux célébrations dominicales et à l'homélie, sans oublier l'accueil quotidien pour une information, un conseil et des demandes de toutes sortes.  Le pasteur était présent jour après jour; l'abbé Pierre-Paul s'imposait la tâche de contacter personnellement un paroissien, une paroissienne, pour souligner un anniversaire de naissance, de mariage ou un deuil.  

Avec un grand discernement, il choisissait lui-même ses proches collaborateurs, prêtres ou laïcs, qui partageaient sa tâche pastorale, soucieux de leur intervention dans la communauté.  L'abbé Robert Laliberté est un de ces prêtres en qui il pouvait se reposer en toute confiance. C'est avec le même souci qu'il accepte la présence d'animatrices du (Centre Leunis) pour la préparation des enfants aux sacrements et à la catéchèse.  Elles rendent toujours un immense service au pasteur et à toute la communauté chrétienne.  

Ce soin jaloux apporté à sa communauté était jalonné par des moments de prière.  A travers toutes ses tâches, le pasteur a été un homme de prière.  Il confie un jour à son évêque : « je sais que votre croix est souvent lourde à porter.  Le Seigneur nous prévenus! Mais je sais que le Seigneur vous soutient... A chaque eucharistie, avec la communauté, nous prions le Seigneur de vous accompagner.  La prière est une nécessité : « Sans moi, nous confie le Seigneur, vous ne pouvez rien faire. »  

Attentif à tous les événements du diocèse jusqu'à la fin de sa vie, l'abbé Desjardins a été un priant, heureux de s'unir au Seigneur et de lui présenter les besoins de ceux et celles, prêtres et fidèles, engagés dans la mission.  C'est par la prière que grandit sa foi et qu'il réalise l'impossible.     

Fatigué, épuisé, à bout de ses forces, le curé Desjardins a cherché parfois à quitter sa paroisse.  Après avoir rencontré son évêque, réconforté et encouragé, il consentait à garder le fort.  Sans aucun doute, il aurait été lui-même surpris et déçu de voir son évêque acquiescer à sa demande. Aussi, après ces quelques moments passagers de dépression, il se remettait à la tâche avec une nouvelle ferveur, heureux de la confiance qu'on lui témoignait.  L'abbé Desjardins a eu un grand respect de l'autorité qui, à l'occasion, pouvait souligner ses oublis.  Cette franchise réciproque est de bon aloi  et rassurait l'un et l'autre.  

Un jour, il a fallu penser quitter pour de bon et se résigner à confier à un autre la tâche pastorale.  Dépassant l'âge de la retraite, le pasteur éprouve la peine à lâcher prise : « Pas facile, m'a-t-il un jour écrit.  Chaque objet que je manipule me rappelle tellement de souvenirs... c'est un détachement douloureux... Pas facile de respecter le cheminement de chacun et le rythme de leur vie... merci  pour votre accueil, votre encouragement, votre prière ».  Et le pasteur conclut sa lettre par ces mots, qui en disent long sur son engagement et sa vie spirituelle. « En sommes, je ne regrette rien! J'ai donné ma vie au Seigneur... et je ne devais rien attendre des hommes. Comme dit Jésus en saint Luc : «  Quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous commande, dites-vous : Nous sommes des serviteurs quelconques : mais n'avons fait que notre devoir » (17,10).  Devant la tâche accomplie dont il aurait pu tirer gloire, le pasteur demeure humble.  Il prend conscience qu'il est, comme responsable de la communauté, un serviteur.  Comme dans la parabole, il sait qu'après avoir labouré et semé, le serviteur doit maintenant servir à table avant de dîner à son tour.  Le responsable d'une communauté chrétienne ne cherche pas à se prévaloir devant Dieu du service rendu.  Dieu seul fait croître, pousser et donner du fruit...    

Tout ce que nous devions faire, nous l'avons fait dans la foi, la prière, l'amour et la satisfaction du devoir accompli.

Amen!

 

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